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​La dégradation de la qualité des appartements pointée par un rapport récent


Rédigé le Vendredi 1 Octobre 2021 à 10:25 | Lu 160 commentaire(s)


Remis au gouvernement le 8 septembre 2021, un rapport met en lumière la dégradation de la qualité des logements depuis ces dernières décennies et propose la mise en œuvre d’un référentiel de la qualité des logements.


​La dégradation de la qualité des appartements pointée par un rapport récent
Le rapport commandé par le Gouvernement à Laurent Girometti, directeur général d'Epamarne, et François Leclercq, architecte-urbaniste montre que la qualité des logements a régressé ces 20 dernières années surtout s’agissant des appartements. Selon les auteurs les progrès en termes de qualité et de confort se sont arrêtés dans les années 70 pour se concentrer, dans les années 80 sur des performances plus techniques. Résultats : des logements trop petits, plus bas, sombres et mal fichus… En effet, d’après le dernier baromètre Qualitel sur l’état des lieux du logement en France, la surface moyenne des chambres d'appartement a perdu près de 10% pour les logements construits avant 1945 par rapport à ceux construits depuis 2009.
Il en est de même pour les plafonds qui en moins de 60 ans ont diminué de 27 cm pour les appartements alors que dans le même temps, la taille moyenne des français a, elle, augmenté de 10 cm.
Les appartements traversants sont eux aussi moins nombreux depuis 2009 : 32% vs 50 % pour les appartements de plus de 10 ans. A la clé, des logements mono-orientés ou le renouvellement d’air est plus difficile avec un risque de surchauffe l’été. Gageons que les changements climatiques qui s’annoncent rebattront les cartes sur ce point.
Enfin, la présence de deux placards intégrés ne concerne plus que 41% des appartements construits après 2009, un chiffre en forte baisse par rapport à la période 1980-2009. La capacité de rangement d’un appartement est un critère de qualité décisif et une source d’insatisfaction pour de nombreux Français.
 
D’après les auteurs la cause principale de cette régression serait à chercher du côté des dispositifs de défiscalisation qui ferait d’un logement un simple produit financier et non pas un lieu à vivre. Au moment où la crise du Covid-19 a donné envie à de nombreux citadins de quitter la ville, il y a urgence à améliorer la qualité des appartements.
A cet effet, les auteurs proposent d’établir un référentiel de la qualité où la mise en place d’une surface minimale par typologie de logement apparait comme un critère essentiel. Le rapport propose également d’augmenter la hauteur sous plafond afin d’améliorer la ventilation et le rafraîchissement nocturne des pièces. Ils proposent que 4 à 5% de la surface du logement soit dédié aux rangements, que l’occupant puisse adapter son intérieur à ses besoins (mutabilité), et enfin, le retour à une double orientation et à un accès partagé aux extérieurs.
 
Emmanuel Wargon, la ministre du Logement a d’ores-et-déjà prévu d’intégrer certains critères du référentiel proposé au dispositif Pinel 2023. Ce qui n'est pas tout à fait du goût de certains promoteurs, qui pointent du doigt l'incompatibilité entre la volonté de proposer des logements plus spacieux et de meilleure qualité, et de baisser le coût de la construction. Effectivement, qui dit hauteur sous plafond plus élevée, dit moins d'étages pour une hauteur d'immeuble donnée, et donc un coût par appartement plus important.